Cette journee est toute particuliere puisqu’il s’agit de decouvrir notre terrain d’enquete aupres de quinze communautes mapuche (commune de Ranco). Nous y passerons 5 mois.
En arrivant a Puerto, on rencontre Mario, membre du PRODER (Proyecto de Desarrollo Rural). Il travaille avec de nombreuses familles de Puerto Saavedra dans ce cadre. Evocation de la création récente de
la Asociacion
Indigena
de Desarrollo pour laquelle nous allons travailler.
On fair un petit tour de la commune, un arrêt sur la plage, ou on peut admirer un passage d’oiseaux migrateurs.
Puis repas dans restau un peu chéro; au menu : empanadas, saumon avec frites, et liqueur de murta, un bon alcool de tradition mapuche de 50°C.
On fait un petit tour digestif à
la Boca
del Lago Budi, seul point de contact entre le Pacifique et le lac, le remplissage se fait par nappes souterraines. On observe des vautours finissant leur repas aux abords du lac.
Sur le chemin vers Ranco, rencontre d’une française sur la route, photographe, oeuvrant au Pérou actuellement, et de visite à Puerto Saavedra où œuvre son ami, photographe aussi. C’est dire la beauté du site. Les routes sont bordées de torrents de genêt, picapica en espagnol, ou peut-être en chilien, ou peut-être en mapudungun…
Nous allons à la rencontre des campesinos mapuches avec lesquels nous allons travailler. Emilio est le premier, il nous explique la culture de la patate. Rencontre de deux autres mapuches en pleine activité (cloturage). Depuis leur parcelle, magnifique vue sur le modelé, un enchaînement magnifique de collines vertes de prés, pins, eucalyptus et genêts, parsemées d’araucarias, le tout alternant avec quelques parcelles labourées récemment, avec une terre d’une couleur intense, riche en matière organique. La paysage est vraiment magnifique .Surtout, avant de partir, nous avons enfin droit à la dégustation suprême : la chicha, boisson locale mapuche, à base de jus de pomme fermenté (non non, ce n’est pas du cidre).
Rencontre de plusieurs autres mapuches sur le chemin avant de partir. Nous avons rencontré dans l’après-midi trois dirigeants mapuches qui ont été très accueillants. Rien de farouche dans leur comportement à part peut-être chez l’un deux, un peu plus distant, mais guère plus qu’un européen moyen !!! Il n’y a là rien de ce que l’on a pu nous présenter comme farouche jusqu’à présent. Juste des gens qui vous accueillent à bras ouverts, vous posent leur seconde main sur la votre en vous la serrant et ne demandent qu’à vous faire découvrir la culture mapuche, leur culture, la première culture chilienne. Pourquoi pas un échange de culture… quelques mots de Mapudungun contre quelques mots de français ? Rendez-vous est pris, nous serons accueillis plus formellement le 7 septembre avec le maire et tous les dirigeants mapuches de la commune.
Sur le retour vers Temuco, nous déposons Mario chez lui, à Carahue.
Malheureusement, la fin de journee et le lendemain s’averent plus delicats. La faute a notre gout tres prononce pour la cuisine chilienne. Apres avoir devore toute la journee (petit dej ultra copieux, frites, pommes de terre sautes, poisson, mayo locale a midi) et goute la chicha, repute toujours fatale pour les neophytes, nous avons rendu a la terre tous les delices que nous lui avions pris. Oui, les mamans, nous penserons a prendre des medicaments contre la nausee la prochaine fois. De toute facon, il parait que ce n’est qu’une question de flore bacterienne. Autant la preparer avant les longs mois d’in vestigation en terre mapuche ou il faudra faire bonne figure!